Les droits des Femmes

le 8 mars 2021,

Je suis née un matin d’avril 1986,

Ce jour-là, il avait neigé, et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’étais une lève-tôt, pointant le bout de mon nez à 7h26.

Mais, plus tard, il s’avérera que j’étais plutôt une couche tard, et que le jour de ma naissance, je devais probablement déjà rentrer de soirée. Lol

Il ne faut jamais se fier aux apparences.

Néanmoins, ce matin-là, je reçus ma première étiquette: c’est une fille!

En grandissant, je compris que ceux, qui avaient une virgule entre les cuisses, étaient des garçons.

Et, puisqu’on ne se ballade pas la culotte en bas, ils devaient avoir les cheveux courts. Nous les filles, nous avions les cheveux longs. Comme ça, pas moyen de se tromper.

Le temps passant, j’appris que j’étais « têtue », « timide » et « blonde ». A l’école enfantine, déjà, la discrimination noyait mes yeux de chagrin.

Bien souvent, je partageais mes « dix-heures » avec ma petite camarade, qui était mise de côté par les autres.

Quelques années plus tard, sur les bancs de l’école primaire, je devins « bonne élève », « intelligente », mais aussi « anxieuse », chacune des ces étiquettes me définissaient, un peu plus.

Les choses se passaient plutôt bien, jusqu’à ce que je devienne « une femme ».

Je compris alors que les hommes n’étaient pas les princes charmants de Walt Disney, ni les acteurs mielleux des séries adolescentes de ma génération.

Non seulement, la société entière m’avait appris à aspirer à la fidélité, à me respecter, et au mariage, alors que les hommes, eux, avaient surtout retenus qu’ils devaient avoir un palmarès, pour briller aux yeux de leur congénères masculins. J’étais alors devenue « bonne ».

Ce qui de prime abord ressemblait à un compliment.

Mais, le pire n’était pas là, alors que pendant des années, mon corps neutre de petite fille ne soulevait aucune différence, avec mes camarades masculins, mon corps de femme lui, devenait, tout à coup, une entité à part entière, dans le monde du travail.

D’une part, véritable sésame pour ouvrir des portes, qui se refermaient, ensuite, comme un piège, derrière-moi.

Coincée quelque part entre « je fais semblant de ne pas avoir compris, car je ne veux pas perdre mon travail » et un « va te faire foutre sale porc », serré entre les dents et les mâchoires crispées.

C’est, à ce moment-là, aussi, que je compris que la petite virgule entre leurs cuisses, servait à venir s’insérer, juste-là, entre ces chiffres en plus, inscrits sur leurs fiches de paye.

D’autre part, véritable appât, bout de viande, aux yeux des hommes éméchés. Ce corps était alors devenu une raison de se sentir en insécurité, dans la rue, la nuit, le jour, dans les transports publics et même jusque chez le physiothérapeute.

Quand est-ce que nous allons réellement préparer les jeunes femmes, pour savoir réagir, à ce qu’il les attend?

Quand est-ce que nous allons retrouver des valeurs de respect et de galanterie dans les jeux de séduction?

Est-ce vraiment en criant nue, d’arrêter de sexualiser notre corps, que quelque chose va changer?

Paradoxalement, dans la discrimination, les choses évoluent par secteur. Ainsi, et c’est tant mieux, les injures envers les homosexuels sont maintenant condamnées. Cependant, qu’en est-il des injures faites aux femmes, lorsqu’elles ignorent les avances, non équivoques, d’un inconnu en pleine rue?

Un jour, j’ai compris que la discrimination, qu’elle soit raciale, religieuse, sexiste ou envers les personnes souffrant de handicap, n’a qu’une seule source:

LA PEUR

Aujourd’hui, c’est la journée internationale des Droits des femmes.

Aujourd’hui, je me suis réveillée en voyant un reportage sur le sud du Malawi, où les fillettes, après avoir eu leurs règles pour la première fois, doivent « être purifiée ».

Pour les purifier, les parents payent des hommes, appelés « Hyènes », qui ont pour métier de « purifier » ces jeunes femmes en les violant, sans protection. la croyance là-bas, est que cela les protège des maladies… malgré la hausse du VIH dans cette région.

Cela te paraît absurde?

Mais, est-ce réellement moins absurde de ne pas accorder les mêmes droits, à des êtres humains, par une décison basée uniquement sur des différences physiques?

Est-ce réellement moins absurde qu’une femme aux mêmes capacités qu’un homme, gagne moins, alors même que ses frais de base sont bien plus élevés (protections hygiéniques, pilule contraceptive…) ?

Est-ce réellement moins absurde, de nier l’existence des personnes nées hermaphrodites?

Je crois qu’aujourd’hui, on ne peut pas se battre pour une injustice et une discrimination sans considérer toutes les autres.

C’est pourquoi, en défendant les droits des femmes, j’inclus les autres discriminations.