La guerrière _✍🏻

Je n’avais jamais réellement eu l’intention de te rencontrer.

Un hasard, une impulsion et finalement,

je t’attendais là, les cheveux en bataille, tressés à la hâte.

A la lisière de la forêt, intersection secrète de points cardinaux, en un instant, je me retrouvais suspendue à ce « bonjour », qui animait tes lèvres.

La chaleur de ton accent contrastait avec la bise glaciale de cette fin d’hiver, et tes bras, en m’enlaçant me firent goûter à une douceur que je n’avais pas connue depuis des mois, des années, peut-être.

Tes yeux étaient ténébreux et les miens, de ceux qui semblent refléter le ciel.

Attiré par son opposé, ton regard ma piégé.

Un espoir, un instant, un baisé enflammé, j’avoue, j’y ai cru.

Si seulement, j’avais su que la foudre s’abattrait sur moi.

La chaleur de ta main tenant la mienne, nos rires éclatés et nos longues conversations.

Le monde était, sans dessus-dessous, la pandémie sévissait, les morts par centaine et moi, perdu dans tes yeux, j’oubliais le réel.

Mais, combien de temps faudra-t’il alors pour oublier que je t’aime?

Combien de temps encore, pour cesser d’attendre que tu m’appelles?

Tu avais une armure dessinée sur la peau et je la caressais du bout des doigts.

J’avais une armure ancrée dans le corps et j’avais tendance à l’oublier, parfois.

J’avais un bouclier autour du coeur et une lance pour te tenir à distance. J’étais une guerrière Viking, de celles qui n’ont pas le choix.

J’avais l’air de celle, qui s’en fout et la peur chevillée au corps.

Retenue, depuis une décennie par des chaînes invisibles, j’avais le désir fou de m’ouvrir à toi.

Mais, combien de temps me faudra-t’il alors, pour arrêter de trouver des excuses juste pour entendre ta voix?

Combien de temps me faudra-t’il encore, pour panser la plaie, qui saigne encore en moi?

Et, combien de temps, pour réanimer cette part de moi, qui est morte au cours de ce combat…

©️Tous droits réservés, Fanny Gigon, queen-serenity.com